Voici un article du Monde qui ne concerne qu’à peine 20% de l’humanité. La part belle est donnée aux ressentis. Et j’ai tout de même le sentiment qu’ils sont contestables.

L’idée saugrenue que les obèses sont en ville est fausse, en effet les salles de sport sont légions, et l’on marche davantage en ville qu’à la campagne où la voiture ou le deux roues sont la règle. De plus le niveau de vie moyen en ville est plus élevé, l’accès aux soins et aux nourritures moins transformées ou spécifiques y est plus aisé. Les produits frais n’arrivent pas à Rennes ou à Dax, mais à Rungis (Paris). Les poissons y sont bien plus frais dans un restaurant Parisien de bonne tenue qu’au restaurant côtier. Enfin, l’émerveillement n’est pas l’exclusivité du papillon voltigeant de fleurs en fleurs me semble t-il.

La ville est le refuge de l’humain. 50% de l’humanité vit dans une ville, et cette proportion évolue vers 80% irrémédiablement. L’histoire des hommes s’écrit dans les capitales et non à la campagne. Tentez par exemple de trouver un évènement historique majeur qui donna lieu à un traité entre deux nations à Bourguoin-Jallieu.
Et si auparavant les gens allaient volontiers dans les rues, toujours à la ville notez bien, c’était pour apprendre ce qu’il se passait dans le monde. Il n’y avait pas d’autres alternatives, et les voyageurs qui passaient de villes en villes relataient des récits merveilleux. Aujourd’hui nous faisons la même chose avec d’autres moyens, sans doute plus performants, omniprésents, et surtout redondants ce qui à l’avantage d’aiguiser l’esprit critique et d’améliorer la connaissance individuelle par le transfert de la connaissance encyclopédique du moi vers celle du cyber. La connaissance n’est plus un accès étroit mais nous entoure.

Certes un potager pour tous serait sans doute intéressant. Enfin dans les premières semaines, car dans un potager, si vous n’y passez que de temps en temps et que vous comptez sur lui pour nourrir votre famille, vous allez au devant de grandes désillusions. Mais au delà de l’aspect laborieux, ce n’est tout simplement pas possible. Rappelez-vous, 80 % de l’humanité vit à proximité des grandes villes !

Toute l’évolution du rapport entre l’homme et son milieu de vie est autant de temps gagné pour libérer notre esprit à d’autres créativités, d’autres inventions, d’autres process. Le progrès s’inscrit certainement dans le déracinement aux choses trop proches de la terre : labeur persistante, cueillette aléatoire, chasse risquée. Malgré cela, le risque est de ne plus respecter notre environnement. C’est tout l’enjeu de l’écologie. Certes l’homme moderne et occidental s’affranchit de mettre les mains dans la boue et les pieds nus sur la terre, mais il ne doit pas oublier les règles d’un écosystème fondé sur les équilibres. On peut en effet s’éloigner de la terre, mais sans son intégrité, aucun salut n’est possible.

Enfin, je ne voudrais pas clore trop rapidement le débat. En effet, plusieurs études observent une réduction du stress et de la dépression, favorisée par l’environnement naturel et, à l’inverse, une amélioration de l’estime de soi, du sentiment de bonheur ou encore de la créativité 1.

  1. Pourquoi la nature nous fait du bien, les scientifiques expliquent in The Conversation